ENFER et PARADIS sont si proches... UBUNTU : JE SUIS PARCE QUE NOUS SOMMES

 

UBUNTU : JE SUIS PARCE QUE NOUS SOMMES

Un homme vient de mourir. Il arrive au ciel, où il est accueilli par Saint Pierre qui lui demande :

 

- Où préfères-tu aller mon Ami. En Enfer ou au Paradis ? …

- Je ne sais pas vraiment, lui répond l’homme. Peux-tu me dire quelle est la différence ? »

- Oh, a priori, il n’y a pas vraiment une grande différence…

Mais le mieux, c’est que tu te rendes compte par toi-même avant de décider… Viens, je vais te faire visiter…

 

Saint Pierre emmène donc le nouveau venu en Enfer.

 

Ils arrivent dans une grande salle, pleine de monde. Tous les gens qui sont là sont d’une maigreur effrayante, presque cadavérique. Ils ont les joues creuses et les yeux hagards de ceux qui meurent de faim…

Ils n’ont que la peau sur les os.

Pourtant au centre de la pièce une immense marmite dans laquelle cuit une soupe à l’odeur alléchante trône majestueusement. Son fumet gouteux embaume toute la pièce.

 

Très surpris, l’homme observe quelques instants ce qui se passe sans mot dire. Il voit tout le monde s’empresser et se bousculer nerveusement autour du chaudron, armé d’une grande cuillère.

 

Puis remarquant qu’ils tiennent tous leur cuillère au bout de leur bras tendu, il s’aperçoit qu’ils sont tous atteints d’une raideur du bras qui les empêche absolument de plier le coude. Les malheureux peuvent donc plonger leur cuillère dans la soupe fumante, mais ils sont ensuite dans l’impossibilité totale de la ramener vers leur bouche pour se nourrir.

 

Malgré leurs efforts désespérés et leurs contorsions, rien n’y fait… Et ils en sont réduits à rester affamés, alors que la nourriture est là sous leurs yeux…

Devant ce spectacle tragique, le nouvel arrivant est complètement horrifié. »Eh bien, si c’est ça l’Enfer, ça ne me tente pas du tout! »

- Très bien, lui répond Saint Pierre. Alors, à présent suis-moi, je vais te montrer le Paradis.

 

Saint Pierre l’emmène donc dans une autre grande salle, également pleine de monde.

 

Au centre de la pièce trône le même chaudron rempli de soupe fumante. Comme en Enfer, tout le monde est atteint de cette même raideur du bras qui lui fait tenir sa cuillère à bout de bras et l’empêche de la porter à sa bouche. Mais là, curieusement, tous les habitants du lieu semblent bien nourris et heureux. Ils ont les joues pleines et le regard serein des gens repus et satisfaits.

 

Très interloqué, notre observateur se tourne vers Saint Pierre, avec un regard interrogateur :

- Eh bien, jusqu’à présent, je ne vois pas bien où est la différence entre l’Enfer et le Paradis!…

- Attends un instant, lui répond Saint Pierre avec un demi-sourire. Observe un peu ce qui se passe ici, et tu changeras certainement d’avis dans quelques minutes…

 

En tournant son regard à nouveau vers la salle, notre homme contempla alors un étrange spectacle. Il vit les pensionnaires du Paradis s’approcher du chaudron, très calmement et sans bousculade.

 

Chacun plongeait sa cuillère dans la soupe fumante, mais au lieu d’essayer, par de vaines contorsions, de la porter à sa bouche, la dirigeait tranquillement vers la bouche de son voisin le plus proche, qui, en échange, en faisait de même pour lui… Ainsi chacun, mettant toute son attention à nourrir son voisin, était également nourri en retour. Tout se passait dans le calme et la bonne humeur et le chaudron se trouva rapidement vide… et tous les estomacs pleins.

 

- Alors demanda Saint Pierre, qu’en penses-tu à présent?

- Je viens de comprendre qu’il faut parfois très peu de choses pour transformer l’Enfer en Paradis…

 

- C’est bien répondit Saint Pierre avec un sourire bienveillant. Alors, je crois que je n’ai plus besoin de te demander où tu préfères aller maintenant …