se mettre a nu dans une relation vrai du non paraitre des reseaux sociaux

 
Réflexion sur l’amour à l’ère des applications de rencontres et des réseaux sociaux de ce monde.
C’est bien connu : notre monde va vite. Les vies de nos appareils électroniques sont raccourcies, on se tanne rapidement de notre garde-robe. Il en va de même pour les relations humaines, qui semblent s’ériger aussi rapidement qu’elles se démolissent.
Nos relations se construisent en moins de deux comme le jouet d’un Kinder Surprise. C’est une vraie course contre la montre. Gare à toi si tu as envie de prendre ton temps, d’effleurer du bout des doigts le coeur d’un potentiel amour avant de te lancer en affaires. Tu dois être en couple, et vite.
La flamme, sujette au moindre petit souffle, s’éteint rapidement. Rares sont les personnes qui cherchent encore à déambuler dans les recoins les plus sombres de l’esprit de leur prétendant.e. Dorénavant, tout le monde ne cherche plus qu’à se réchauffer à la va-vite. On reste en surface. La douce-moitié est devenue un individu aussi esseulé que nous, dont on tolère la présence seulement parce qu’elle nous accompagne, pour ne pas se retrouver seul. L’amour moderne est égoïste. Nous sommes à l’ère de l’individualisme, dictature de l’hédonisme. On veut jouir de tout ici et maintenant. Quand ça commence à devenir ennuyant, eh bien, c’est fini. Poubelle. On veut partager le monde avec une personne, s’embraser, allumer des feux d’artifices, puis se lasser et juste, lentement… s’en aller. La vulnérabilité est devenue un véritable péché : on a peur des mots d’amour, les vrais, ceux qui tachent la langue en rose et font pousser des fleurs au creux des yeux. On a peur de se mettre à nu, je veux dire vraiment: en gardant tous nos vêtements, mais en laissant à voir ce que nous avons de plus personnel, de plus intime.
La grandeur du sentiment a été remplacée par quelque chose de banal, de superficiel. Maintenant, on partage un petit bout de sa vie avec une personne qui a tassé notre photo à droite par hasard. L’époque est désabusée: le désir charnel remplace les papillons dans le ventre, qui déguerpissent à la minute où l’on entrevoit les démons qui habitent son/sa partenaire.La faim de notre société à la gourmandise démesurée s’applique aussi aux corps, devenus des biens de consommation comme un autre, avec une date de péremption. Comme quoi il n’y a pas que les objets dont l’obsolescence est programmée.
La fidélité est devenue une valeur suprême dans cette ère où personne n’appartient à personne. La jalousie est synonyme d’affection.
Malgré ces réseaux qui nous permettent de nous connecter n’importe où à toute heure de la journée, la solitude est omniprésente. Alors, quand on rencontre quelqu’un, on devient dépendants : plus capables de se réveiller sans un texto de cette personne, plus capables de faire de grandes choses par soi-même, en tant qu’humain à part entière, sans que cette personne soit à nos côtés.
Bref, c’est vraiment une époque de fou pour aimer quelqu’un.
Malgré tout, je vous souhaite de rencontrer quelqu’un qui vous fait triper, genoux qui flageolent et yeux brillants, oui, si ça existe encore. Je vous souhaite de trouver quelqu’un, pas parce que vous avez aimé sa photo de profil, mais parce que vos esprits rient aux mêmes blagues que personne comprend ou parce que quand vous discutez, le monde semble soudainement faire plus de sens. Je vous souhaite quelqu’un qui prendra plaisir à comprendre pourquoi vous pleurez toujours à la fin de ce film en particulier, pourquoi vous vous rongez les ongles quand on parle d’avenir ou pourquoi vous avez la manie de ramasser tous les beaux cailloux qui croisent votre route.
Je vous souhaite sincèrement de tomber en amour dans le vrai monde, pas celui des algorithmes, des photos retouchées et des textos impersonnels.